Qualité de l’eau : retour sur la séance plénière du CESER du Grand Est du 2 avril 2026
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Des constats partagés, des réponses claires attendues de la part du Conseil Régional
Lors de la séance plénière du 2 avril 2026, le CESER du Grand Est a présenté au vote son avis intitulé
« Préserver la qualité de l’eau, un enjeu vital ». Lorraine Nature Environnement (LNE), ainsi que le groupe interassociatif lorrain qu’elle a coordonné, avaient été auditionnés fin 2024 dans le cadre de ces travaux. À cette occasion, nous avions remis au CESER deux contributions : un glossaire sur l’état des pollutions en Lorraine et une analyse des freins à la participation des associations au débat public.
Le rapport final du CESER présenté jeudi dernier met en lumière les diverses pollutions qui menacent directement l’environnement ainsi que notre ressource en eau potable, et contient des éléments intéressants et plusieurs préconisations utiles. Toutefois, au regard de l’urgence de la situation, le mouvement France Nature Environnement, dans lequel nous nous inscrivons, défend une mesure claire : l’interdiction des intrants dans les aires d’alimentation de captage. Les données accessibles, notamment via la carte dansmoneau.fr, montrent sans ambiguïté l’ampleur de la dégradation de la qualité de l’eau potable. Il est urgent d’agir. Les responsables publics doivent cesser de minimiser la situation et engager une évolution réglementaire à la hauteur des enjeux. Il est désormais largement établi que les pratiques agricoles intensives constituent la principale cause de cette dégradation.
Ce constat est d’ailleurs confirmé par un rapport de juillet 2024 des inspections générales des ministères de la Santé (IGAS), de l’Agriculture (CGAAER) et de la Transition écologique (IGEDD), qui souligne « l’échec global de la préservation de la qualité des ressources en eau pour ce qui concerne les pesticides » et appelle à des mesures préventives urgentes et contraignantes.
Après des années de politiques publiques inefficaces basées sur le volontariat (Ecophyto, Fertimieux, Agrimieux, captages prioritaires, programmes d’action nitrates …) qui ont mobilisé des moyens publics considérables sans résultats à la hauteur des enjeux, il est temps de sortir des logiques d’incitation volontaire. Celles-ci ont montré leurs limites et ne permettent pas de répondre à la gravité de la situation.
Le sujet n’a rien d’anecdotique. Il est grave, structurant, et concerne directement la santé de toutes et tous. Il appelle une mobilisation collective et des décisions courageuses. Les élus, en particulier, ont une responsabilité majeure : celle de porter des réformes à la hauteur des enjeux, sans détour ni complaisance.



