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RÉSAUX THÉMATIQUES

RÉSEAU EAU

PFAS : Substances Poly-Fluoro-Alkylees

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Titre 6

Source : dep.pa.gov

Les PFAS sont des composés chimiques très largement utilisés dans les produits de la vie courante pour leurs propriétés antiadhésives (tefal), Imperméabilisantes (textiles), ignifuges (mousses anti-incendie), tensioactives (shampoing, produits d’entretien).

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Ces molécules sont toutes fabriquées à partir d'une chaîne carbonée (un hydrocarbure) sur laquelle on fixe des atomes de fluor.  Cette liaison carbone-fluor (très stable) n’existe pas dans les organismes vivants. C’est pourquoi ceux-ci ne possèdent pas les équipements enzymatiques pour la neutraliser d’où le nom de polluants éternels.

 

Les PFAS sont aujourd’hui détectés partout dans l’environnement : eau, air, sols, sédiments et organismes vivants. Ils sont très nombreux (plusieurs milliers) car produits par l’industrie chimique en fonction des propriétés physico-chimiques recherchées.

 

Selon le nombre d’atomes de carbone on parlera de chaines longues (dont PFOA et PFOS) ou courtes (le TFA étant le plus petit PFAS – et potentiellement le plus répandu ! - avec 1 seul atome de carbone).

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Source : ezgpm.net

La toxicité de ces molécules étant démontrée, la détection de certaines d’entre elles dans les eaux de consommation est récemment devenue obligatoire, ainsi que dans les rejets industriels depuis début 2025. La règlementation imposant des seuils limites peine encore à suivre et l’interdiction totale de ces contaminants n’est pas pour demain bien que des échéances au niveau national et européen ont été définies. Toutefois les lobbies industriels sont à l’œuvre et de nombreuses dérogations sont à prévoir. Les PFAS posent des problèmes lors de leur fabrication, de leur utilisation et de leur recyclage .

Contamination

La contamination humaine se fait surtout par l'alimentation : poissons (69% des poissons analysés selon Générations Futures sont contaminés), crustacés, viandes et légumes, pain, lait, eau de boisson, tous contaminés par les rejets industriels dans les eaux et les sols (épandage des boues de stations d’épuration).

 

En 2023, on a comptabilisé 23000 sites contaminés en Europe. 98% de la population mondiale est actuellement contaminée en PFAS. Avec une très importante contamination aux USA et en Inde.

 

Générations Future a publié une carte des principaux rejets industriels

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Les PFOA et les PFOS sont les plus étudiées, mais aucune étude ne tient compte des effets cocktails …

Toxicité humaine

Les PFAS étant de très petites molécules, elles vont passer la barrière intestinale, vont traverser le foie sans être dégradées (puisque le foie n'a pas les enzymes appropriées) et vont passer dans la circulation générale pour ensuite pénétrer dans tous les tissus de façon très intime, puisqu'elles pénètrent à l’intérieur des cellules jusqu’aux noyaux.

 

Ces molécules ont une structure proche des lipides et vont interagir de façon inappropriée au niveau de nombreux récepteurs cellulaires en les activant ou au contraire en les inhibant.

 

Les études sont d’autant plus complexes qu’il existe de très nombreux PFAS mélangés. Les principales atteintes à la santé sont :

 

Toxicité hépatique : maladie stéatosique du foie

Toxicité immunitaire (en particulier mauvaise réponse aux vaccins, processus inflammatoires)

Toxicité en tant que perturbateur endocrinien de certains PFAS (cancer du testicule, du rein, du sein, trouble du développement fœtal)

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Neurotoxicité : il existe un lien avec les déficits cognitifs, les troubles du développement neurologique et les maladies neurodégénératives.

 

Les PFAS franchisent la barrière hémato- encéphalique et s'accumulent dans le cerveau (riche en lipides), y compris le cerveau fœtal car ils passent la barrière placentaire. Ils perturbent les systèmes des neurotransmetteurs clés : Acétylcholine, Dopamine (dans l’hypothalamus), glutamate (dans l’hippocampe). Les PFAS perturbent les neurones dans leur métabolisme, dans l’expression des protéines, dans leur équilibre calcique et celui des mitochondries.

 

Le TFA (acide trifluoroacetique : F3-C-COOH) est le plus petit des PFAS, il n’est pas inclus dans le kit de dépistage. Cette molécule est utilisée en chimie organique mais c’est essentiellement un produit de dégradation de pesticides (le flutolanil) (Wikipédia). Sa valeur seuil est encore à l’étude (60 microgrammes/l ou 10 microgrammes/l envisagé par le ministère de la santé) Il a largement contaminé les eaux de surfaces et les nappes phréatiques puisqu’on le retrouve dans les eaux minérales (12 prélèvements positifs sur 19). Longtemps considéré comme relativement inoffensif, sa toxicité est démontrée chez l’animal (graves malformations chez les fœtus de lapins exposés).

ELIMINATION DES PFAS : Passe avant tout par l'arrêt de la dissémination !

A commencer par l’arrêt de l’utilisation des pesticides producteurs de TFA. En ce qui concerne l'industrie, les secteurs les plus émetteurs sont les producteurs de pesticides PFAS, les laboratoires de produits pharmaceutiques, les traitements de surface des métaux, le recyclage des déchets et l'utilisation des mousses anti-incendie.

 

Un seul point positif, un petit nombre de sites sont responsables de la majorité des émissions d'après l’association Générations Futures, qui a identifié 225 sites en France (dont Arkema, à Lyon, Solvay en Bourgogne et Finorga dans l’Isère).

 

La loi adoptée en février 2025 prévoit que la France devra tendre vers un arrêt total des rejets industriels en 5 ans.

Peut-on dépolluer ? 

Dépolluer signifie extraire et détruire. La dégradation naturelle est pratiquement impossible à cause de la liaison carbone fluor. La destruction par incinération nécessite a minima 1400 degrés.

 

Le plus souvent on utilise la technique de l'absorption, grâce à une affinité entre les molécules de PFAS et le solide poreux : le charbon, les résines, les minéraux sont utilisés pour absorber de nombreux polluants, dont les PFAS.

 

 Le problème est celui du nouveau déchet plus concentré… 

 

  • La filtration par membranes de nanofiltres ou osmose inverse, coûteux sur le plan énergétique et qui génère aussi des concentras à traiter.

  • La flottation par fractionnement de mousse avec une tête hydrophile et une queue hydrophobe. Les molécules se placent à l'interface air- liquide dans des bulles de mousse et sont récupérées en surface. Cela permet 99% d'extraction pour les chaînes longues, mais pose aussi le problème des concentras.

  • Les traitements électrochimiques sont innovants et efficaces. Un courant électrique à travers des électrodes spéciales génère des radicaux oxydants puissants capables de rompre la liaison C- F.

  • La catalyse Piézo-électrique récupère 99% des PFAS. Ils sont d'abord concentrés dans des mousses, puis la mousse est traitée par catalyse qui décompose et reminéralise l’ensemble.

  • Dégradation sono-chimique : à l’étude, couteux et complexe.

LE GRAND EST, territoire industriel et agricole, est largement concerné :

L’industrie : 16 ICPE (Installations Classées Protection de l’Environnement) sont parmi les plus émettrices de France selon Générations Futures ! Elles dépassent régulièrement les normes de rejets.L’eau potable : les rejets divers (industrie, agriculture…) entraînent une contamination des nappes phréatiques à des niveaux si élevés que l’eau du robinet dans plusieurs communes meusiennes et ardennaises ont été récemment interdites à la consommation ! La carte dansmoneau.fr publiée par Génération future a permis de visualiser bien d’autres sites contaminés qui n’avaient pas fait l’objet de l’alerte spécifique des pouvoirs publics !

 

Nous nous posons légitimement la question de l’avenir de la potabilité de l’eau du robinet dans le Grand Est, dans ce contexte d’accumulation continue des PFAS dans les nappes phréatiques.

 

L’utilisation de mousse anti-incendie dans les sites industriels et aéroports génère une contamination importante. L’eau du robinet à proximité de l’aéroport Bâle-Mulhouse est l’une des plus contaminées de France (dépassant 4 fois la limite réglementaire, et dépassant les relevés, inédits jusqu’alors, du sud Lyonnais). Certains riverains de l’aéroport ont fait des tests sanguins, qui ont permis d’établir que tous présentaient des niveaux de PFAS jusqu’à deux fois supérieurs à la moyenne nationale !

 

La problématique de la contamination des PFAS continue d’émerger et les défis sont toujours plus grands au fur et à mesure des découvertes.

 

Vous pensez être victime ? Un fait que vous souhaitez nous porter à connaissance ? Contactez-nous !

 

Mobilisez-vous et faites-vous entendre !

 

S’informer :

•  Article de LNE sur la contamination de l’eau par les PFAS 

•  Publications de Générations Futures sur les PFAS

•  Consulter la carte interactive des ICPE de Générations Futures 

•  Informations sur la pollution aux PFAS autour de l’aéroport Bâle-Mulhouse par l’Adra (Association de Défense des Riverains de l’Aéroport de Bâle-Mulhouse)

Interpeller les élus : https://shaketonpolitique.org/

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